Fertilisation localisée du houblon : peut-on être aussi efficace avec moins d’azote ?

L’azote est l’un des éléments nutritifs les plus importants pour le houblon. Dans le même temps, son utilisation est de plus en plus remise en question en raison de l’augmentation du coût des engrais, du durcissement de la réglementation et de la nécessité de limiter les pertes vers l’environnement. Dans le cadre du projet Tomorr’Hop, une étude est menée afin de déterminer si une application plus ciblée de l’azote permet d’en améliorer l’efficacité.

Comparaison entre fertilisation en plein et fertilisation localisée sur le rang

En 2025, un essai pluriannuel a été mis en place dans une houblonnière de la variété Golding à Poperinge. Cet essai compare la fertilisation classique en plein à une fertilisation localisée sur le rang. Dans le premier cas, l’engrais est réparti sur l’ensemble de la parcelle, tandis que dans le second, l’azote est appliqué uniquement à proximité des plants de houblon. L’objectif est d’apporter l’azote directement dans la zone où les racines peuvent le prélever le plus efficacement.

Au cours de la première année d’essai, trois stratégies de fertilisation ont été comparées:

  1. 2 apports de 60 unités d’azote par hectare en plein;
  2. 2 apports de 30 unités d’azote par hectare localisés sur le rang;
  3. 2 apports de 15 unités d’azote par hectare localisés sur le rang.

L’essai a été poursuivi en 2026 avec l’ajout d’une modalité témoin sans apport d’azote.

Moins d’azote sans perte de rendement ou de qualité?

L’objectif de cet essai est de déterminer si une dose plus faible d’azote, appliquée de manière ciblée, permet d’obtenir le même rendement et la même qualité que la fertilisation classique. Si le houblon utilise l’azote de manière plus efficace, il pourrait être possible de réduire les apports sans perte de production.

Outre le rendement, plusieurs paramètres de qualité sont également évalués, notamment la teneur en acides alpha et la teneur en huiles essentielles du houblon.

Un suivi pluriannuel pour des conclusions fiables

Les résultats pouvant varier fortement d’une année à l’autre en fonction des conditions climatiques et culturales, il est essentiel de suivre cet essai sur plusieurs campagnes. Ce n’est qu’après plusieurs années que suffisamment de données seront disponibles pour tirer des conclusions fiables et, le cas échéant, formuler des recommandations concrètes pour les producteurs.

Publié le 16 juin 2026